Présentation

Goût pour la polysémie et l’éclectisme formel ; la discordance des temps et des types d’écritures /
Détestation pour le sérieux ; le fantasme et l’illusion de l’objet scénique « impeccable » ; les procédés complaisants ; pour les metteurs en scène qui ont si souvent prêchés « La Commune » sans se soucier du commun /
Foi dans l’humour comme vecteur de pensée agissante ; dans l’intelligence de tous les spectateurs ; dans une vision optimiste mais non pas niaise du monde ; dans l’idée que l’acteur est intrinsèquement un artiste et non pas seulement un exécutant ; dans le fait que la qualité et l’impact (social et esthétique) d’une création scénique gagne toujours à se structurer de manière horizontale.
Tout cela pourrait constituer le projet artistique de L’agence Louis-François Pinagot.

L’agence Louis-François Pinagot (L’aLFP) est une compagnie de théâtre créée en 2004 par Christian Geffroy Schlittler. Elle est composée aujourd’hui par une équipe artistique : David Gobet, Christian Geffroy Schlittler et Julie-Kazuko Rahir, et gérée par Tutu production.
Le nom de la compagnie est un hommage à un livre d’Alain Corbin, historien, qui a laissé au hasard absolu le soin de lui désigner un être englouti dans la masse confuse des morts qui ne laissèrent aucune trace dans les mémoires. Louis-François Pinagot, sabotier analphabète qui vécut au XIXe siècle dans le bocage normand fut ce mort ordinaire. Cette méditation sur la disparition et la nécessité de définir autrement le travail de mémoire est la problématique centrale de l’agence Louis-François Pinagot, et notamment, bien sûr, sur l’usage de nos héritages théâtraux à travers le « répertoire ».

Mon travail, et celui de mon équipe artistique, ne consiste pas à devenir les gardiens de la mémoire théâtrale, bien au contraire. La réappropriation libre que nous effectuons sur l’histoire du théâtre est pour nous un acte de libération, tant dans notre pratique que dans nos idées.
Nous poursuivons un théâtre où la création interroge nos sociétés. La créativité est partagée par tous, et nous aimerions que les spectateurs la vivent pleinement, car peu à peu tout a été fait pour étouffer la leur. Nous envisageons la créativité comme une forme de résistance à la modélisation des esprits, et dont la fonction imaginative élargit les possibles. Christian Geffroy Schlittler