Recherche

Théâtre et Feldenkrais : quels sont les outils de la méthode Feldenkrais pertinents pour le travail de l’acteur? (2020)

Cette recherche subventionnée par la Manufacture débutera en janvier 2020. Elle sera menée par Julie-Kazuko Rahir (comédienne et praticienne Feldenkrais) et Christian Geffroy Schlittler (metteur en scène et comédien).

Nous faisons l’hypothèse que la méthode somatique de Moshe Feldenkrais, inventée dans les années 50, peut nous aider à avancer dans la compréhension du processus complexe qu’est l’expérience sensible du comédien. Cette méthode de « prise de conscience par le mouvement » concerne de nombreux aspects inhérents à la pratique de l’acteur, et lui propose des outils. Il s’agira dans un premier temps d’explorer et d’analyser ce qui a déjà été dit et écrit à propos de la pratique du Feldenkrais pour le travail de l’acteur, car les sources, réservées aux praticiens Feldenkrais et parfois non publiées, sont difficilement accessibles. Dans un second temps, il s’agira de nommer ce qui nous intéresse plus particulièrement pour notre pratique de la scène, sous forme d’un questionnaire pour acteurs.

Partenaires du projet : La Manufacture (HEAS), Hes.so (Haute Ecole Spécialisée de Suisse occidentale), Irmas (Institut de recherche en musique et arts de la scène).
Partenaires extérieurs : Ecole Autopoïesis (Montréal), IFEDL (Insitut de Formation Feldenkrais, Lyon), ASF (Association Suisse Feldenkrais).

Matériau Pathos (2008 – 2012)

Christian Geffroy Schlittler, Julie-Kazuko Rahir et Danielle Chaperon ont collaboré avec la Haute Ecole de Suisse Romande (Manufacture) sur le travail de recherche Matériau Pathos : Pour une réappropriation théorique et pratique des effets pathétiques au théâtre ; projet de recherche initié en 2008 et mené conjointement par La Manufacture, L’UNIL (Université de Lausanne), le Théâtre Saint-Gervais Genève et l’agence Louis-François Pinagot.
Le projet réinvestit un concept mal aimé dans le domaine des arts de la scène : le pathos (ou le pathétique). En effet, connoté négativement depuis au moins la fin du XIXe siècle, le pathos est surtout assigné aujourd’hui à qualifier un certain type de jeu. Le terme est cependant susceptible d’embrasser l’ensemble du spectre des effets émotionnels qu’un spectateur peut éprouver.
L’hypothèse placée au cœur de cette recherche est que le concept de pathos, étendu à la plupart de ses avatars historiques et élargi à tous les éléments constitutifs d’un spectacle contemporain, recèle un grand potentiel non seulement en matière de savoir scientifique et de savoir-faire technique, mais aussi de savoir être, dans la mesure où une démarche artistique se définit comme un processus destiné à interroger et à agir dans un contexte social — un contexte aujourd’hui particulièrement sensible aux ‘manipulateurs’ d’émotions. Le pathos pourrait donc faire l’objet d’une réappropriation à la fois cognitive, esthétique et politique, résolument orientée vers la pratique.

Cette recherche a donné lieu à une forme scénique, « Les artistes de la contrefaçon », présentée dans divers théâtres (2011-2013). Le projet a également donné lieu à la création de la Boîte à Pathos éditée en partenariat avec la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD), contenant brochures, jeux de plateau avec cartes, cubes, dominos, puzzle qui permettent d’aborder la question des émotions théâtrales sous un angle à la fois ludique et théorique.